#Algérie : face à la contestation, la fuite en avant du pouvoir.. #Vidéos et les #images

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أخر تحديث : vendredi 22 mars 2019 - 11:18
#Algérie : face à la contestation, la fuite en avant du pouvoir.. #Vidéos et les #images

Des millions d’Algériens ont manifesté aujourd’hui pour le 5e vendredi consécutif depuis le 22 février. Partout dans le pays, les manifestants ont scandé les mêmes slogans et manifesté pacifiquement, dans la joie et la bonne humeur. Des femmes, des familles entières, des enfants, des jeunes, des vieux ont participé aux marches d’aujourd’hui

Les manifestations de ce vendredi ont été marquées par leur caractère festif. À Alger, ils ont commencé dans une ambiance de fête. À  l’heure du déjeuner, les riverains ont offert des plats de couscous aux manifestants, et dans l’après-midi, des jeunes et des femmes ont dansé et chanté ensemble, au rythme de chansons et de chants patriotiques

REPORTAGE. Plus aucune annonce ne semble avoir de prise sur la détermination des manifestants algériens à changer le paradigme de leur rapport avec les serviteurs d’un système visiblement à bout de souffle

Dans la matinée du jeudi 21 mars, des magistrats et des avocats ont manifesté devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger pour dénoncer la mise à l’écart d’un juge qui a refusé de mettre sous mandat de dépôt un groupe de manifestants. Le jour même, des fonctionnaires du secteur des finances ont organisé une marche contre le système à Béjaïa. D’autres actions de protestation ont été enregistrées dans d’autres villes du pays. Ces images inimaginables il y a seulement quelques semaines font désormais partie du quotidien des Algériens

La mobilisation contre le prolongement du quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, après avoir obtenu son renoncement au cinquième, reste pour le moment intacte. Aujourd’hui, de nouvelles manifestations sont prévues à travers tout le territoire national. Des centaines de milliers de personnes devraient encore une fois marcher pour réclamer le changement de système malgré la pluie et le froid. Comme chaque vendredi depuis le 22 février dernier, les « décideurs » parient sur l’essoufflement du mouvement populaire à défaut d’apporter des solutions

Le pouvoir semble engagé dans une fuite en avant. Le dernier message du président de la République le 19 mars est dans ce sens éloquent. Dans son texte, il évoque la tenue de la conférence nationale inclusive de consensus dans un « avenir très proche » malgré le rejet exprimé par l’opposition et la société civile. Le chef de l’État fait abstraction des manifestations du vendredi 15 mars au cours desquelles des milliers de personnes ont dit non à cette feuille de route proposée dans ses précédentes lettres aux Algériens

Une mission difficile

Pour l’instant, le pouvoir et ses partisans, qui semblent rivés à une obstination sans fin, font face à de nombreuses difficultés. La première est liée à la formation du nouveau gouvernement, présenté comme l’une des réponses apportées par le président aux revendications de changement exprimées par les manifestants. Lors d’une conférence de presse organisée le 14 mars, le nouveau Premier ministre a évoqué un « gouvernement de technocrates », dont la composition devait être connue au début ou à la fin de la semaine en cours. Jusqu’au jeudi soir, aucune annonce n’a été faite dans ce sens. Et une fois n’est pas coutume, aucun nom n’a filtré

Le choix des nouveaux membres de l’exécutif est capital dans le contexte actuel. L’enjeu est de taille pour le pouvoir. Il s’agit d’éviter d’exacerber ce sentiment d’humiliation et de provocation ressenti par la population, plus que d’apaiser les tensions. La mission confiée à Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra n’est pas facile. Dès le lancement des consultations, le Premier ministre et le vice-Premier ministre se heurtent au refus de participation de certaines organisations syndicales. Ces structures le savent pertinemment, toute participation à ce genre de discussions serait perçue comme une trahison

À travers des déclarations à la presse, des communiqués ou des messages diffusés sur Facebook, elles se sont empressées d’annoncer qu’elles déclinaient l’invitation du Premier ministre. Pour des personnalités et militants de la société civile ou de l’opposition, accepter d’intégrer le nouveau gouvernement qui pourrait être remanié dans quelques mois, voire dans quelques semaines, revient à prendre le risque de signer leur arrêt de mort politique. Dans ce contexte, même les plus proches du sérail restent réticents

On s’est trompé

Certains remettent complètement en cause leur soutien à Abdelaziz Bouteflika. Et ils le font désormais publiquement. Les déclarations faites par le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND, deuxième parti de l’alliance) au lendemain du message du président confirment ce changement. « Je pense que personne ne peut arrêter la marche de l’histoire ou la volonté populaire », a indiqué Seddik Chiheb sur la chaîne de télévision privée, El Bilad TV

Le numéro deux du RND évoque un « éveil de la conscience de la nation qui refuse désormais le statu quo » et estime que le soutien de son parti à un cinquième mandat était une erreur. « La candidature du président de la République à un cinquième mandat dans son état est un manque de perspicacité de notre part. On s’est trompés et on n’avait pas le courage de le dire », a indiqué Seddik Chiheb, qui parle ensuite de forces « non constitutionnelles ». Des forces qui ont dirigé le pays « durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années », selon lui

Dès le lendemain, le parti d’Ahmed Ouyahia publie un communiqué pour désavouer les propos de son porte-parole. « Monsieur Seddik Chiheb, porte-parole du RND, a accordé un entretien à une chaîne de télévision nationale. Le débat a été mené (par l’animateur, NDLR) avec un style parfois provocateur et dirigé qui a amené notre camarade à s’emporter et parfois à s’éloigner des positions connues du RND », a indiqué le parti. Peine perdue. Les précisions du RND ne diminuent aucunement l’impact des déclarations de son porte-parole sur l’opinion publique

Les faux pas

Devant cette situation complexe, le pouvoir multiplie les maladresses. Lundi 18 mars, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a entamé une tournée en Europe et en Asie qui passe mal dans le pays. « Lamamra quémande un soutien au régime », titre Liberté. Pour le quotidien francophone, le « régime algérien a obtenu la caution de la Russie, de la Chine et de l’Élysée en actionnant les mécanismes de l’interférence étrangère dans les affaires internes du pays ». Le pouvoir, qui a usé et abusé du spectre de la main de l’étranger, est bien servi

Le parti d’Ali Benflis réagit le jour même. Dans un communiqué, Talaïe El Hourriyet prévient contre « l’internationalisation de la crise » qui « se traduira nécessairement par l’ouverture » du pays « aux luttes d’influence entre puissances étrangères, dont on sait l’effet ravageur sur les pays qui les subissent ». La « main étrangère n’est pas venue du côté que le régime politique en place s’est longtemps et injustement plu à dénoncer, celui de ses opposants, et des dénonciations de ses critiques et de ses dérives », a-t-il accusé

Le choix des personnalités appelées à la rescousse suscite également de nombreuses critiques dans le pays. Lakhdar Brahimi, un diplomate de 85 ans, arrive début mars. Il rencontre M. Bouteflika avant de commencer à faire la promotion de la feuille de route proposée par le chef de l’État sur les médias nationaux. Il rencontre également des groupes de jeunes à l’hôtel Aurassi à Alger. Mais Lakhdar Brahimi est très peu crédible pour les Algériens. Au-delà de son âge, l’homme a passé pratiquement toute sa vie en dehors du pays

Et au cours de ces dernières années, Lakhdar Brahimi venait en Algérienotamment pour rendre visite à Abdelaziz Bouteflika. Objectif : démentir les rumeurs sur l’incapacité du chef de l’État totalement affaiblie depuis son AVC en 2013. Aujourd’hui, beaucoup d’Algériens pensent d’ailleurs que cet ancien médiateur de l’ONU, notamment pour la Syrie, a été rappelé pour sauver un système à bout de souffle. Ça ne serait sans doute pas la première fois que ce diplomate accepte une mission quasi impossible

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