Analyse. Le Maroc dans une dangereuse impasse

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أخر تحديث : vendredi 6 juillet 2018 - 6:51
Analyse. Le Maroc dans une dangereuse impasse

Analyse. Le verdict implacable à l’encontre du Hirak est symptomatique d’un pouvoir marocain qui s’est révélé incapable d’abandonner le logiciel répressif des dernières décennies, explique la journaliste du « Monde », Charlotte Bozonnet


Son arrivée sur le trône en 1999 avait fait naître un immense espoir d’ouverture. Avec Mohammed VI, 36 ans, le Maroc allait entrer dans la modernité, en finir avec les sombres pratiques du règne de son père, Hassan II, dont les dernières années avaient déjà montré des signes de libéralisation

Le bouillonnement de la presse, l’alternance politique sonnaient comme la promesse d’une ère nouvelle que le fils, « roi des pauvres », n’allait pas manquer d’incarner. Las, à la veille du vingtième anniversaire de cette intronisation, les récentes condamnations dans le procès du Rif apparaissent comme un triste pas en arrière

Retour aux années de plomb « une erreur historique », n’ont pas hésité à commenter certains journalistes après le verdict rendu dans la nuit du 26 au 27 juin par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca : quelque 300 années de prison cumulées pour les 53 « enfants du Rif » considérés comme les meneurs du Hirak, ce vaste mouvement de contestation sociale qui a agité le Maroc en 2016-2017. Nasser Zefzafi, 40 ans, figure du mouvement, a été condamné à vingt ans ferme, comme trois de ses camarades. Les autres prévenus, de un à quinze ans. Doit-on s’en étonner

Faire taire la critique

Ces dernières années, tous les mouvements sociaux ont été réprimés. Plus ou moins durement, avec des techniques différentes, mais toujours avec la volonté de faire taire la critique. En 2011, face aux revendications du « printemps marocain », le roi avait octroyé une réforme de la Constitution et convoqué des législatives anticipées. Mais dans les mois qui suivirent, le pouvoir s’attacha à neutraliser le noyau de militants à l’origine de la contestation, appelé « mouvement du 20 février », et constitué notamment de jeunes laïcs. Après diverses condamnations, la majorité d’entre eux jetèrent l’éponge

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