Election présidentielle russe, mode d’emploi

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أخر تحديث : vendredi 9 février 2018 - 5:47
Election présidentielle russe, mode d’emploi

La liste définitive des huit candidats pour le scrutin du 18 mars a été arrêtée. Le principal opposant, Alexeï Navalny, est le grand absent de cette compétition taillée sur mesure pour Vladimir Poutine


Dimanche 18 mars, 108 968 869 Russes inscrits sur les listes électorales au 1er janvier sont appelés à élire leur président, ainsi que 1 875 408 ressortissants résidant à l’étranger. La date choisie pour cette 7e élection présidentielle en Russie depuis la fin de l’ère soviétique ne doit rien au hasard : modifiée par le Parlement pour des raisons de calendrier, elle correspond à « l’anniversaire » de l’annexion de la Crimée, officiellement proclamée au Kremlin par Vladimir Poutine le 18 mars 2014

La campagne officielle débutera à la télévision le 19 février pour s’achever deux jours avant le vote, le 16 mars. Sur le terrain, la plupart des candidats sillonnent déjà les régions, mais les enjeux sont faibles. Le second tour, prévu au plus tard trois semaines après le premier, reste théorique : depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine il y a dix-huit ans, il n’a jamais été nécessaire. Le seul enjeu, pour l’actuel chef du Kremlin, réside dans le taux de participation, remarquablement stable depuis 2000 avec un peu plus de 64 %. En 2006, cependant, le taux minimal de 50 % de votants, nécessaire pour valider l’élection, a été supprimé

LES CANDIDATS

Sept hommes et une femme se présentent, selon la liste définitive des candidats arrêtée jeudi 8 février par la Commission nationale électorale. Seuls deux d’entre eux, l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, et Pavel Groudinine pour le Parti communiste, représentés au Parlement, étaient exemptés de la collecte de signatures. Pour les autres candidats, issus d’une formation politique sans élus, 100 000 signatures de concitoyens étaient nécessaires – un seuil abaissé après les grandes manifestations de protestation de l’hiver 2011-2012. Pour les « indépendants », il en faut 300 000. Un seul candidat s’est présenté dans cette catégorie : Vladimir Poutine

Le président russe est également le seul, à ce jour, à avoir atteint la somme de 400 millions de roubles (55 millions d’euros) de dons, le montant maximum fixé par la loi pour les budgets de campagne

Grand absent de cette compétition, Alexeï Navalny, 41 ans, pourfendeur de la corruption des élites, a été écarté du scrutin en raison de condamnations pénales qu’il réfute. Le principal opposant du Kremlin, qui a mené pendant des mois campagne sur le terrain, appelle désormais au boycottage de l’élection et à la « grève des électeurs ». Son absence enlève au scrutin le peu de suspens qui restait

LES PROFILS

Le favori : Vladimir Poutine, 65 ans

Désigné comme le successeur de Boris Eltsine en 1999, il a été élu pour la première fois président de la Fédération de Russie le 23 mars 2000, avec 52,9 % des voix, puis en 2004 avec 71,3 % des voix. La Constitution russe limitant le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux, Vladimir Poutine a pris la place de son premier ministre Dmitri Medvedev en 2008 tandis que celui-ci prenait la sienne au Kremlin après avoir été élu avec 70,2 % des voix. Sous sa présidence, la Constitution a été modifiée afin de repousser la durée du mandat de quatre à six ans. En 2012, malgré des manifestations importantes dénonçant des fraudes, Vladimir Poutine a été réélu avec 63,6 % des voix. Il brigue aujourd’hui un 4e mandat

L’outsider : Pavel Groudinine, 58 ans

Président fondateur depuis 1990 du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), il défend des idées ultranationalistes, xénophobes et antisémites, à l’opposé du libellé de sa formation. Candidat lors de la première élection présidentielle russe de 1991, où il avait obtenu 8 % des voix, il s’est présenté toutes les fois suivantes, à l’exception de 2004, en obtenant invariablement la cinquième, la troisième ou la quatrième place, sans jamais renoncer. Connu pour ses outrances verbales, Vladimir Jirinovski avait ouvertement sablé le champagne au lendemain de la victoire de Donald Trump à la Maison Blanche

La benjamine : Ksenia Sobtchak, 36 ans

Fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, mentor en politique de Vladimir Poutine, la journaliste se présente comme une opposante résolue à Vladimir Poutine sous l’étiquette « contre tous » – une ligne qui figurait autrefois sur les bulletins de vote pour les électeurs mécontents. Accusée d’être une « marionnette du Kremlin » par ses détracteurs, elle est néanmoins l’une des rares voix, en Russie, à oser évoquer l’annexion de la Crimée comme une « violation du droit international ». Soutenue par de riches donateurs, Ksenia Sobtchak veut incarner un courant libéral « qui n’existe plus en Russie » depuis les années 1990

L’entêté : Gregori Iavlinski, 65 ans

Cet économiste a travaillé avec les réformateurs de la perestroïka. En 1993, il a cofondé le parti démocrate libéral Iabloko, qui attira une partie de l’intelligentsia russe et compta dans ses rangs jusqu’à 16 parlementaires en 2003. Candidat à deux reprises à l’élection présidentielle, en 1996 et en 2000, opposé au retour de Vladimir Poutine en 2012, il avait été écarté de la compétition cette année-là au motif qu’il n’avait pas les deux millions de signatures alors nécessaires. Sous la pression d’une partie de ses adhérents lassés, Gregori Iavlinski a démissionné de la présidence de Iabloko en 2008, sans quitter le parti

Par Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)/lemonde.fr
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