#Facebook, les limites d’un modèle

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أخر تحديث : lundi 24 décembre 2018 - 4:24
#Facebook, les limites d’un modèle

Le réseau social aurait permis à plusieurs partenaires, comme Spotify, d’avoir accès à de nombreuses données privées, selon le « New York Times ». Une nouvelle qui tombe mal


Au fond, l’important dans cette histoire n’est pas de savoir quelle a été l’ampleur précise des dégâts. Ou encore quelle est l’exacte responsabilité de tel ou tel partenaire. L’enquête du New York Times selon laquelle Facebook aurait permis à plusieurs de ses partenaires – dont Netflix, Spotify ou encore Yahoo ! – d’avoir accès à des données privées de ses membres a d’ailleurs été minimisée par le réseau social, qui explique que cet accès n’est plus possible depuis 2017. Ce dernier en profite d’ailleurs pour rappeler qu’il ne vend aucune donnée personnelle, mais aurait, dans ce cas précis, simplement permis de connaître les adresses emails ou le nom de certains amis, par exemple. « Ce n’est pas notre genre de lire dans les messages personnels » a de son côté précisé Netflix. Facebook a par ailleurs précisé, dans un communiqué accessible ici, que ces mises à disposition ont été fermées il y a trois ans. Il n’empêche, c’est l’accumulation de mauvaises nouvelles – au mieux, de la négligence, qui vient jeter le doute sur tout un modèle, celui de la totale gratuité d’une plateforme qu’il faut bien financer d’une manière ou d’une autre : qui va payer les serveurs de ce géant de la communication qui permet à ses utilisateurs de s’échanger 17 milliards de messages chaque mois (25 000 emojis sont envoyés chaque minute), tout comme le salaire de 30 000 employés, la plupart étant des ingénieurs

Done is better than perfect

D’ailleurs, le plus cruel ici, c’est que ce n’est pas sa capacité à innover qui est en cause. L’entreprise possède un niveau et une écurie de docteurs en intelligence artificielle à faire pâlir d’envie plus d’une entreprise du CAC 40. Et ses récentes découvertes dans la détection des catastrophes naturelles grâce à l’utilisation d’images satellitaires, tout comme ses ambitions dans les mondes immersifs via la réalité virtuelle, ou encore l’ingéniosité déployée pour connecter les centaines de millions de personnes encore isolées sur terre forcent l’admiration. Facebook a notamment mis au point un drone géant, Aquilla, qu’il ne cesse de peaufiner. D’ailleurs, au siège de l’entreprise, à Menlo Park, on tombe nez à nez avec des affiches telles que « Done is better than perfect », « What would you do if you weren’s afraid ? » ou encore « I would breal the 4th wall », qui invitent les salariés à changer le monde. Mais cette innovation s’applique également à tout savoir de nous : cela a été le cas chez son ancien partenaire, le tristement célèbre Cambridge Analytica (aujourd’hui démantelé), qui s’amusait à classer les utilisateurs à travers la grille de lecture OCEAN – chaque être humain était classé selon son degré d’Ouverture, celui de sa Conscience, le niveau Extraverti de son caractère, sa volonté d’être Agréable, ou encore celui de son Névrosisme, c’est-à-dire la tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude ou la dépression, la vulnérabilité… « Moins de 100 clics nous permettent de savoir pour qui vous votez », expliquait alors Alexandre Nix, docteur en psychologie formé à Cambridge et un des cadres de Cambridge Analytica

Résultat, Mark Zuckerberg ne peut plus, cette fois-ci, se contenter de présenter ses excuses, il doit expliquer où il veut amener le site qu’il a créé. Pourquoi ne pas réfléchir à un modèle payant qui affranchirait le réseau social d’en savoir toujours plus sur nous ? Le contrat en serait plus simple et renouvelé. Ou bien clarifier ses règles de conduite qui apparaissent encore bien floues. C’est le minimum pour une entreprise qui envisage, entre autres, de nous permettre un jour de parler de cerveau à cerveau. Sinon, c’est, après une période d’interrogations et de méfiance, le rejet qui caractérisera notre rapport à ce réseau social dont l’idée est née en 2003 sur le campus de Harvard

Par Guillaume Grallet/lepoint.fr
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