France. Prix du gazole : les raisons de la colère

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أخر تحديث : lundi 29 octobre 2018 - 10:59
France. Prix du gazole : les raisons de la colère

Sous le couvert de gommer l’avantage fiscal dont disposait le diesel, la hausse des taxes s’est emballée avec celles du baril et du dollar. Explications


Les mauvais signes s’accumulent pour les automobilistes et l’exécutif devrait y prendre garde, car, en laminant ainsi le pouvoir d’achat des conducteurs, c’est au mode de vie même des Français que l’on s’attaque. 80 % d’entre eux utilisent une voiture tous les jours, 43 millions possèdent le permis et plus d’un million de nouveaux conducteurs viennent grossir chaque année cette population que l’on dit en régression

Les mauvais signes s’accumulent pour les automobilistes et l’exécutif devrait y prendre garde, car, en laminant ainsi le pouvoir d’achat des conducteurs, c’est au mode de vie même des Français que l’on s’attaque. 80 % d’entre eux utilisent une voiture tous les jours, 43 millions possèdent le permis et plus d’un million de nouveaux conducteurs viennent grossir chaque année cette population que l’on dit en régression

Une désinformation (fake news) sciemment colportée par tout un clan d’autophobes dont le train de vie permet de se passer de ce qui est une nécessité pour tant de Français. Dans ce contexte, et alors même que les multiples pressions sur le budget de l’automobiliste se sont, de toutes parts, aggravées, il n’est guère surprenant que la dérive folle des prix à la pompe ait cristallisé la colère des usagers

L’augmentation des prix des carburants n’est donc que la goutte qui fait déborder le réservoir des mécontentements des Français, qui n’en sont pourtant pas à leur première expérience du genre. Certes, ils dénoncent en premier lieu et à juste raison la hausse des taxes, mais l’évolution des prix à la pompe s’explique par un certain nombre d’autres facteurs, que voici

Comment les prix des carburants sont-ils composés 

Les prix des produits eux-mêmes, cotés sur le marché européen de Rotterdam, représentent actuellement environ 30 à 35 % du prix payé à la pompe, et la marge brute des distributeurs compte pour environ 8 %. Voilà pour ce qui est du prix « technique » du carburant

Ce sont donc les taxes, avec une fourchette allant de 56 à 60 %, qui sont la part essentielle du prix final, selon les données communiquées par l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Deux taxes s’appliquent : la TICPE (45,5 %), qui comprend une composante carbone (contribution climat énergie) pour pénaliser la pollution induite par ces carburants, et la TVA (17 %), qui s’applique sur le prix des produits, mais aussi sur la TICPE. C’est donc, sur ce dernier point, un impôt sur l’impôt tout à fait extravagant

À titre d’exemple, le 19 octobre, le gazole s’affichait en moyenne à 0,65 euro par litre hors taxe et à 1,52 euro TTC, tandis que le sans-plomb 95, contenant jusqu’à 10 % d’éthanol (SP95-E10), essence la plus vendue en France, valait 0,60 euro le litre hors taxe et 1,53 euro TTC.

?Quel est l’impact de la production  

Les prix des carburants varient en fonction de l’évolution des taxes mais aussi de celle des cours du brut, du taux de change euro-dollar, du niveau des stocks de produits pétroliers et de la demande pour ces produits. Ainsi, lorsque les cours du brut augmentent, cela se ressent à la hausse dans les prix à la pompe

Mais, les prix des produits pétroliers étant établis en dollar, lorsque l’euro perd du terrain face à la devise américaine, cela renchérit aussi les prix des carburants. À deux périodes différentes, on peut donc avoir, à prix du baril constant, des différences à la pompe

Par ailleurs, plus les niveaux de stocks de produits pétroliers sont élevés, moins les distributeurs en achètent sur le marché pour remplir leurs cuves, ce qui tire les cours vers le bas

À ce titre, gazole et essence peuvent évoluer en ordre dispersé. « Traditionnellement, à la fin de l’été, on constate une baisse du sans-plomb car c’est la fin de la saison estivale aux États-Unis, où les voitures roulent essentiellement à l’essence, ce qui crée une baisse de la demande », relève Francis Pousse, du Conseil national des professions de l’automobile CNPA

?A-t-on atteint un niveau record des prix  

En un an, le prix du gazole a progressé d’environ 23 % et celui de l’essence, de 15 %

À 1,51 euro en moyenne la semaine dernière, le prix toutes taxes comprises du gazole a atteint un niveau jamais constaté depuis au moins le début des années 2000, selon les chiffres officiels du ministère de la Transition écologique. Pour l’essence sans plomb 95, il faut remonter à mi-2014 pour retrouver des niveaux similaires, à 1,53 euro le litre

Dans certaines stations-service, le gazole s’est même vendu ponctuellement ces dernières semaines plus cher que l’essence, une première liée notamment aux niveaux de stocks de certaines stations et aux coûts de transport, selon M. Pousse, qui précise toutefois que la tendance s’est inversée ces derniers jours

Si les prix des carburants sont élevés en ce moment, c’est essentiellement du fait de la hausse des cours du brut et des taxes

Avec la remontée des cours du brut, depuis un an les cours du gazole ont grimpé de 35 % et ceux de l’essence, de 28 %, tandis que la marge de distribution a progressé d’environ 40 %. Elle reflète notamment l’évolution des coûts de transport et la répercussion par les distributeurs de nouvelles obligations de financement d’opérations d’économie d’énergie

Du côté des taxes, la TICPE a augmenté au 1er janvier dernier de 7,6 centimes sur le gazole du fait de la hausse de la contribution climat énergie et d’une nouvelle étape dans la volonté de rattrapage par rapport à la fiscalité appliquée à l’essence. Sur cette dernière, les taxes ont augmenté de 3,9 centimes par litre. TVA incluse, les taxes sur le gazole et sur l’essence ont respectivement augmenté de 14 % et de 7,5 % en un an

Et cela ne va pas s’arrêter là puisque, chaque 1er janvier jusqu’en 2022, un plan de taxation accrue du gazole visera à dissuader de recourir à ce type de moteur. Avec un parc roulant de 42 millions de véhicules, dont deux tiers en diesel, la révision risque d’être douloureuse pour tous ceux qui se sont convertis à cette technologie sous les constantes incitations gouvernementales, que nous avons régulièrement dénoncées dans ces colonnes

Par Jacques Chevalier + lepoint.fr avec AFP
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