Huawei, au cœur du nouvel ordre mondial. #Vidéo

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أخر تحديث : lundi 10 juin 2019 - 3:45
Huawei, au cœur du nouvel ordre mondial. #Vidéo

VIDÉO. Dans la foulée de Poutine, un à un, les dirigeants du monde se positionnent par rapport à l’équipementier chinois. Bienvenue dans la diplomatie du smartphone

Quel chef d’État n’a pas encore donné son avis sur l’entreprise Huawei ? « Rappelons-nous Huawei, qui n’a pas tout simplement été mise de côté. Il y a eu des essais brusques de la priver du marché mondial […] Il s’agit pour certains de la première guerre technologique de l’ère numérique qui s’annonce », a expliqué Vladimir Poutine le 7 juin à Saint-Pétersbourg, regrettant que l’équipementier et deuxième vendeur de smartphones au monde soit blacklisté dans un nombre croissant d’entreprises et de pays à l’initiative des États-Unis

Le même jour, Vladimir Poutine a condamné « l’égoïsme économique débridé » de Washington. Certes, les propos, tenus lors d’une session plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, ne sont pas neutres. Le président chinois Xi Jinping était en voyage officiel à Saint-Pétersbourg : après une visite de l’Ermitage, les deux chefs d’État se sont d’ailleurs promenés sur un des canaux de l’ancienne Leningrad. De son côté, MTS, le plus grand opérateur de Russie, vient de s’engager à recourir à Huawei pour construire son cœur de réseau. Cet accord, qui doit permettre un déploiement de la 5G en Russie dès 2020, « va contribuer au développement de liens économiques entre la Russie et la Chine », a commenté le président et PDG de MTS, Alexei Kornya.

La Malaisie pour, la Nouvelle-Zélande contre

Depuis les mises en garde des plus insistantes de Donald Trump – ce dernier allant en mai jusqu’à inscrire Huawei dans la liste des sociétés dangereuses pour la santé des pays –, un nombre croissant de pays est contraint de prendre position. Ainsi, la Nouvelle-Zélande, le Japon ou encore l’Australie ont explicitement formulé qu’ils n’auraient pas recours à l’équipementier chinois. Allié fidèle des États-Unis – il est membre de l’alliance Five Eyes –, le Canada fait attendre sa décision, tout comme le Brésil, alors que la Malaisie a expliqué qu’elle était prête à travailler avec l’équipementier de Shenzhen. M1, un des principaux opérateurs de Singapour, continuera de commander à Huawei, tout comme Le Caire qui s’appuiera sur un réseau 5G pour diffuser la Coupe africaine des Nations à partir du 21 juin. « L’Égypte souhaite coopérer avec Huawei dans le domaine de l’intelligence artificielle, du transfert de technologie et de la 5G », a expliqué en avril Amr Talaat, le ministre égyptien des Télécoms

Dans ce jeu de Risk mondial, l’Europe ne parle pas d’une seule voix. Alors que KPN, un des principaux opérateurs des Pays-Bas, a d’ores et déjà dit qu’il ne travaillerait pas avec l’équipementier chinois, l’Allemagne et la Belgique ont expliqué qu’elles n’avaient rien contre Huawei. L’Italie devrait de son côté rejoindre le camp des opposants, mais la France, dont la décision devrait s’appuyer sur un décret, demeure hésitante. Jamais « L’Europe quel numéro de téléphone ? », la boutade attribuée à Henri Kissinger, n’a été autant d’actualité. « Nous sommes un grain de sésame dans la bataille commerciale qui oppose les États-Unis et la Chine », ne cesse de répéter le créateur de Huawei, Ren Zhengfei, qui, le 24 mai, enfonçait le clou face à Bloomberg : « Comme des missionnaires dans le passé, nous essayons d’apporter la culture et les services de communications dans les forêts les plus denses. Nous avons servi l’humanité avec une dévotion religieuse. Comment peut-on nous considérer comme dangereux ? » Une réflexion de bon sens alors que, jusqu’ici, personne n’a pu prouver un quelconque acte d’espionnage signé de la marque qui pour un de ses derniers campus a fait appel à l’architecte japonais Takashi Okamoto, formé aux États-Unis.

Facebook entre dans la danse

Huawei sortira-t-elle vivante de cette balkanisation de l’équipement de réseaux ? Le 8 juin, Facebook a expliqué qu’elle se soumettrait à l’injonction américaine, en n’étant plus accessible sur les terminaux qui seront vendus par Huawei à partir dès la mi-août. Si les États-Unis et la Chine n’arrivent pas à se mettre d’accord, ces terminaux seront en outre dépourvus de Gmail, YouTube ou encore Google Maps, ce que condamne par ailleurs Google. Si l’équipementier aux 182 000 salariés n’a pas abandonné son ambition de ravir à Samsung la place de premier vendeur de smartphones du monde, les ventes de Huawei pourraient d’ores et déjà accuser une baisse de 15 millions d’unités l’an prochain, d’après le cabinet Suva. Certes, ce n’est qu’anecdotique face aux 206 millions de smartphones écoulés l’an dernier. Mais, chez les opérateurs, on s’inquiète cependant du retard de dix-huit mois qu’entraînerait l’impossibilité de nouer des liens avec l’entreprise qui a déposé le plus de brevets au monde l’an dernier, selon une récente étude du GSMA, l’association regroupant 800 opérateurs et constructeurs mobiles du monde entier, pointant par ailleurs une perte de productivité pour l’Europe, de quelque 45 milliards d’euros d’ici à 2034

Brumes du chaos

Pour autant, l’équipementier ,créé en 1987, n’a pas dit son dernier mot. Il redouble en ce moment d’efforts sur la mise au point de son propre système d’exploitation sur lequel il planche depuis… 2012. Un temps, baptisé en interne « Hong Meng », en référence à un héros du « rêve du papillon », un texte taoïste attribué au philosophe chinois Tchouang-tseu (IVe siècle avant Jésus-Christ) et que l’on peut traduire comme « les brumes du chaos », le numéro un de Huawei, Richard Yu, a expliqué à Die Welt que ce lancement pourrait intervenir avant la fin de l’année sur smartphone, tablette, mais aussi tableau de bord automobile. Ce nom ne sera pas définitif. Huawei vient en effet de déposer la marque Ark OS auprès de l’Office de l’Union européenne pour un système qui devrait lui permettre de distribuer des applications dans le monde entier dès septembre avec le lancement du Mate 30. Ce n’est pas vain. Plusieurs applications chinoises comme l’application mobile de partage de vidéos Tiktok, au succès fulgurant, ont montré récemment qu’elles pouvaient intéresser le monde entier

Au revers du grand sceau des États-Unis dessiné en 1782, et repris sur les billets d’un dollar, apparaît un écrit de Virgile où l’on peut lire, entre autres : « Novus ordus seclorum », celui-ci a souvent été traduit de manière hâtive comme un « nouvel ordre mondial ». Il annonce en réalité une nouvelle ère à l’heure de l’indépendance des États-Unis. Dans le poème original, on peut trouver cette formule : « Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo », que Valéry avait traduit par « un âge tout nouveau, un grand âge va naître ». Dans le monde qui vient, la maîtrise d’un système d’exploitation est devenue un enjeu de souveraineté massive. L’Europe ne s’en est pas encore rendu compte. Le Vieux Continent doit à ses développeurs quelques brillantes initiatives, comme les systèmes d’exploitation français Clip OS ou encore /e/ foundation. Mais ils sont encore trop timides

Par Guillaume Grallet – lepoint.fr

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