La mission InSight part sonder les entrailles martiennes

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أخر تحديث : lundi 7 mai 2018 - 2:52
La mission InSight part sonder les entrailles martiennes

La mission de la NASA, qui a pour objectif de sonder l’intérieur de la Planète rouge, doit décoller de Californie samedi et se poser sur Mars fin novembre


La terre a tremblé, avant l’aube, en Californie, samedi 5 mai. Non pas en raison d’un des séismes redoutés dans la région mais à l’occasion du décollage, depuis la base militaire de Vandenberg, d’une fusée Atlas-V emportant à son bord une mission à 1 milliard de dollars (835 millions d’euros), InSight. Direction Mars, sur laquelle cet engin de la NASA se posera le 26 novembre, après un voyage de plus de six mois et de 485 millions de kilomètres

C’est un grand jour. Nous retournons sur Mars , a lancé Jim Bridenstine, patron de la NASA, après le décollage. « C’est important pour notre pays. C’est également important pour le monde et cela établit vraiment le leadership des Etats-Unis de nombreuses façons ». Après environ 1 h 40 de vol, la sonde s’est séparée comme prévu de l’étage supérieur de la fusée: « Je suis toute seule maintenant », peut-on lire sur le compte Twitter d’InSight

Quitte à décevoir les enthousiastes du spatial, ce ne sera pas une mission spectaculaire avec un rover escaladant des collines, examinant des cailloux ou prenant des photographies de paysage à couper le souffle. Non, InSight est un atterrisseur, c’est-à-dire une plateforme immobile d’instruments scientifiques. Et il ne va pas vraiment s’intéresser à ce qu’il y a sur Mars, mais à ce qu’il y a dedans

InSight est l’acronyme d’« Interior Explorations Using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transfert ». Ainsi que le résumait, avant le lancement, le responsable du projet, Tom Hoffman (Jet Propulsion Laboratory, NASA/Caltech), malgré tous les engins envoyés sur la Planète rouge depuis des décennies, « jusqu’ici, sur Mars, on n’a littéralement fait que gratter la surface. Avec InSight ce sera la première fois qu’on étudiera la structure interne » d’une autre planète que la Terre

Une fois posé non loin de l’équateur martien, dans la plaine d’Elysium Planitia, InSight ouvrira, comme des éventails qu’on déploie, ses deux panneaux solaires, puis prendra quelques semaines pour installer ses deux principaux instruments

Le premier, SEIS (Seismic Experiment for Interior Structures), est un sismomètre ultra-précis fourni par le Centre national d’études spatiales (CNES). La NASA a en effet profité de l’expérience du Français Philippe Lognonné (Institut de physique du globe de Paris, IPGP) en la matière. Expérience malheureuse jusqu’ici : depuis trois décennies Philippe Lognonné travaille sur un projet de sismomètre martien. Son premier instrument était à bord de la mission russe Mars96 mais celle-ci ne devait jamais vraiment quitter la Terre en raison d’une défaillance de sa fusée après le décollage et se désintégra dans le Pacifique le 17 novembre 1996. Le projet suivant, NetLander (CNES et Agence spatiale européenne), de quatre petits atterrisseurs destinés à étudier la géophysique de Mars, ne vit jamais le jour, abandonné après la phase d’études

Une planète à remonter le temps

Sauf catastrophe – par exemple lors de l’entrée, toujours délicate, dans l’atmosphère martienne, ou au cours de l’atterrissage –, la troisième tentative devrait être la bonne pour le sismomètre d’inspiration française. Posé à terre et placé sous une sorte de cloche à fromage qui le protégera des intempéries martiennes, SEIS « écoutera » l’intérieur de la Planète rouge, à l’affût de ses moindres vibrations. Au cours des deux années de la mission, les chercheurs espèrent ainsi détecter plusieurs dizaines de « tremblements de Mars

Comme on en a fait l’expérience sur Terre depuis longtemps, l’analyse des ondes sismiques est un outil précieux pour sonder les entrailles d’une planète. Elles livrent des indices sur les différentes couches qu’elles traversent. Les planétologues attendent donc de SEIS qu’il leur dise à quelles profondeurs se situent les frontières entre croûte et manteau, entre manteau et noyau, et qu’il leur fournisse des données sur la composition de ces couches

Pour ces scientifiques, qui veulent remonter à la formation des planètes rocheuses dans le Système solaire, l’information est d’importance : tandis que, sur Terre, la tectonique des plaques a progressivement digéré toute la croûte originelle, le phénomène ne s’est pas produit sur la Planète rouge, très peu active (voire pas du tout) sur le plan tectonique, probablement à cause de sa petite taille

Mars pourrait donc servir de témoin de l’état initial d’une planète tellurique. Il sera même possible de remonter plus avant dans le temps et d’avoir des informations plus précises sur la composition du disque proto-planétaire, cette nébuleuse de matière tournant autour du Soleil naissant, à partir de laquelle se sont formées les planètes

Les géophysiciens espèrent aussi comprendre comment le volcanisme martien, qui a jadis été impressionnant, s’est affaibli au point de sembler avoir disparu. Cerise sur le gâteau : la précision de SEIS devrait aussi permettre de détecter les ondes sismiques émises par… les impacts des quelques météorites qui s’écrasent chaque année sur Mars

Par Pierre Barthélémy/lemonde.fr
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